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jeudi 15 avril 2021

La Constellation Rimbaud de Jean Rouaud


 

La Constellation Rimbaud de Jean Rouaud, constellée de personnages sans intérêt et de lieux anodins  

      

Le fait pour un écrivain d’avoir obtenu le Prix Goncourt il y a une trentaine d’années peut-il être un certificat de rigueur littéraire, voire d’érudition, quels que soient ses écrits futurs ?  

Davantage que Michel Butor en 1989, dans ses Improvisations, Jean Rouaud, faisant fi de l’immense bibliographie rimbaldienne et de tous ses devanciers, publie un essai sur Rimbaud, sans aucune référence.

Il met en pièces constituées de personnages plus ou moins importants (certains sont inutilement présentés), et de lieux censés représenter sa vie poétique et aventureuse, une existence dispersée à tous les vents.

Comme les repères chronologiques semblent insuffisants, il sera difficile au simple lecteur d’assembler des pièces de puzzles, plutôt hétéroclites et surtout très inégales, voire inutiles. Jules Buffin des Essarts, l’armurier  Montigny, Louis Deghislage, le professeur Wilhelm Lübcke, Lacroix, éditeur d’ouvrages techniques, les divers ecclésiastiques et docteurs, sans parler de Heinrich Schlieman creusant la butte d’Hisarlik, peuvent-ils rivaliser avec les « évangélistes », les témoins oculaires essentiels comme Ernest Delahaye, Georges Izambard, « grands témoins de l’éclosion poétique », Paul Verlaine ou Germain Nouveau ? Encore convient-il de préciser que Delahaye et Louis Pierquin « fidèle parmi les fidèles » qui ne voudrait pas que le révérend Paul Claudel égrène son chapelet de fureur, se sont soumis à la férule d’Isabelle pour avoir droit au chapitre. Quant au professeur Izambard, s’il publie aussi tardivement, c’est parce qu’il doit se défendre des calomnies de la famille Rimbaud.

(Et nous éviterons de parler du paysan Fricotot, devenu Frénicot, p. 147 (en réalité, Fricoteau !) qui aurait marqué définitivement l’Histoire littéraire en évoquant les chevaux « fringants » de l’amputé de Roche, d’Armand Sabouré (sic) ou plutôt Savouré !). Nous n’évoquerons ni Louis Forain qui héberge Rimbaud à Paris, ni Mallarmé, ni Henri Mercier, ni le dernier ami africain Djami Wadaï, puisqu’ils sont bizarrement ignorés de l’essai.

En revanche, Jean Rouaud s’en prend dès le début au poète René Char dont il cite une phrase isolée de son contexte : « Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud ». « De quoi je me mêle » interroge Rouaud, sans se douter qu’on pourrait très légitimement lui renvoyer la question.

 

Des informations discutables

 

C’est d’autant plus fâcheux d’ignorer toutes les sources du l’auteur que certaines informations sont fausses ou appartiennent à la légende. Ce n’est pas parce que le bateau Wandering Chief, partant de Java, a affronté une tempête au large du cap de Bonne espérance que « Rimbaud a manqué de périr en mer ».

Non, il n’est pas certain que ce soit les vers de Jean Aicard que le jeune poète a ponctué plusieurs fois du mot « merde ».  

Non, l’élève Rimbaud n’a pas « sauté une classe » (p. 37), cette légende a été démentie depuis longtemps.  

Non, ce n’est pas Mathilde Mauté, « accompagnée de sa mère » qui « accueille à sa descente du train l’adolescent de Charleville » (que Verlaine et Charles Cros présents à la gare n’ont pas reconnu).

Pourquoi la photo (retouchée) de Carjat transformant Rimbaud « en icône », devient-elle bientôt celle de Nadar, page 67 ? (Où sont les correcteurs ?)

Non, malgré des témoignages discutables démentis par le calendrier de activités rimbaldiennes de mai 1871, Rimbaud n’a pas participé physiquement à la Commune, même s’il est un communard de cœur et d’esprit.  

Non, Germain Nouveau n’accompagne pas Rimbaud à Londres le lendemain de leur rencontre à Paris mais plusieurs mois plus tard.

Non, Rimbaud ne fut pas si « bon » que ça avec Mariam, la femme abyssine, qu’il a renvoyée « sans rémission », lassé de « cette mascarade » devant lui.

Non, ce n’est pas Isabelle Rimbaud qui a rassemblé « les plus beaux textes » sur son frère mais Verlaine que Jean Rouaud traite avec mépris. Ce « poète, alcoolique, homosexuel, apostat » (page 12) qui partage avec Bretagne « le goût des garçons » et s’accrochera « à la vieille quincaillerie poétique » est très injustement présenté. Ernest Cabaner qui « logea quelque temps l’adolescent fugueur » bénéficie de propos seulement allusifs.

Non, ce n’est pas à la bigote et dogmatique Isabelle, malgré son « regard pervenche » et ses soins de sœur aimante à la limite « incestuelle », et à son Paterne Berrichon de mari, « l’anarchiste furieux » mué « en catholique ardent », qui ont faussé pour des décennies la juste perception des poésies de Rimbaud que l’on doit la survie de l’œuvre de Rimbaud. C’est à Paul Verlaine, inlassable défenseur des poèmes rimbaldiens sauvés de la destruction et de l’oubli, qu’il faut rendre justice.

C’est bien le « beau-frère posthume », lequel se vantait d’avoir passé confortablement toute la guerre (de 14-18) en profitant des droits d’auteur d’Arthur, et son épouse, laquelle ignorait tout des écrits de son frère avant sa mort, qui ont déshérité et renié le frère, Frédéric, accusé ici d’ivrognerie.

Tenter de revivifier le mythe rimbaldien catholique en « béatifiant » l’adolescent et en appelant à la rescousse sainte Marguerite-Marie Alacoque (sic), le curé d’Ars et Bernadette Soubirous « la petite voyante » de Lourdes, est tout simplement ridicule.    

En 2021, la légende perdure et la « rimbaldo-fiction » a encore de beaux jours devant elle.  

mardi 29 septembre 2020

Ernest Delahaye et les "aventures espatrouillantes du voyageur toqué" : de la rimbaldo-fiction avant l'heure


 Ernest Delahaye, auteur des « aventures espatrouillantes du voyageur toqué » et de la première œuvre de rimbaldo-fiction.

 

On peut considérer que les « aventures espatrouillantes du voyageur toqué » racontées en dessins par Ernest Delahaye, auteur de l’expression, par Paul Verlaine et Germain Nouveau, en 1875 et au cours des années où on a perdu de vue le poète et voyageur, doivent être considérées comme la première oeuvre de rimbaldo-fiction.

L’ami de Rimbaud, Ernest Delahaye (1853-1930), auteur d’ouvrages posthumes et tardifs sur son compagnon d’adolescence, a sans doute réalisé du vivant du poète, à son corps défendant, à travers ses dessins et caricatures, un ensemble montrant souvent un Rimbaud rêvé et fantasmé, avec les participations plus rares de Verlaine et de Germain Nouveau. Delayaye fut un intermédiaire toujours patient, compréhensif et dévoué entre les trois poètes Rimbaud, Verlaine et Germain Nouveau.   

Ces dessins sont d’autant plus précieux qu’ils concernent surtout la période des errances européennes, l’aventure javanaise et d’autres, prétendument africaines, période mal connue du fait qu’après l’affaire de Bruxelles et l’emprisonnement de Verlaine, les témoignages et les courriers se raréfient.

C’est pourquoi Verlaine et Delahaye, dans leur correspondance dont Verlaine a davantage gardé les dessins que le texte, illustrent, souvent avec talent, les tribulations imaginaires ou réelles de leur ami dont ils sont souvent sans nouvelles.

Le ton est souvent caricatural, voire cruel (en tout cas très différent du ton des ouvrages laudatifs ultérieurs) et les termes utilisés pour désigner Rimbaud, l’absent, sont révélateurs : le philomathe et l’herboriste, Homais, l’Œstre [mouche parasite], l’homme à la grammaire espagnole, le voyageur toqué, l’Autre, la sale bête, l’Homme, le Sénégalais, Homais, Chose, Lui, Machin… (Seul, Germain Nouveau, brisant ce faux tabou, appelle Rimbaud par son nom).         

C’est Verlaine qui commence mais Delahaye fournit la série la plus intéressante et la moins caustique des aventures plus ou moins imaginaires du vagabond Rimbaud à l’époque où il est difficile de le suivre tant il a la bougeotte. Ces dessins classés par André Breton et Ernest Delahaye sont conservés à la Bibliothèque parisienne Jacques-Doucet, le grand  couturier Jacques Doucet ayant acheté ces dessins à Laurent Tailhade, lui-même acheteur des dessins auprès de Verlaine.

Quatre dessins de Delahaye montrent son ami à Charleville., un autre à Marseille en 1875, complètement dénué de ressources, recueilli par un gras « capucin folâtre » Au cours de la fin de cette même année 1875, on sait que Rimbaud, victime de violents maux de tête après la mort de sa jeune sœur Vitalie, se tond le crâne. Delahaye le représente de profil, le crâne rasé, oblong et irrégulier. C’est le célèbre dessin très réussi de « la tronche à Machin ». 


Dessin tiré de l'album Autour de Rimbaud Gallimard 1949

L’un des meilleurs dessins est sans doute celui qui présente « Le Nouveau Juif errant » Rimbaud, quittant la Forêt Noire tel un géant aux bottes de sept lieues, avec son chapeau haut-de-forme cabossé, après son expulsion de Vienne en 1876, alors qu’un cocher l’avait volé, pour rejoindre Charleville à grandes enjambées au milieu des paysans et des Prussiens casqués. De sa poche dépasse un « passe-porc » et devant lui vole un « hanneton colossal attaché à la pipe par un fil. » Verlaine a également croqué la même mésaventure en représentant Rimbaud nu comme un vers avec, pour tout bagage, la pipe à la main. Ces Darenières nouvelles sont accompagnées d’un « Vieux Coppée » ironique.     

Même les faits réellement passés sont restitués avec plus ou moins de fantaisie et de vraisemblance.

En 1876, l’engagement de Rimbaud dans l’armée néerlandaise et le voyage à Java furent longtemps énigmatiques. Heureusement, la « débauche illustratoire » de Delahaye comble un peu ces vides. Puisque le bateau longe l’Afrique, Delahaye dessine « Un missionnaire qui vient de Charleville », au cours d’une farandole endiablée, une bouteille d’eau-de-feu à la main et flanqué d’un dictionnaire « hottentot ». Au dos de ce dessin apparaît « Rimbaud chez les Cafres », un anneau à l’oreille, le nez percé d’une flèche et le corps tatoué. Dans un ballon, il s’écrie : « Ces Cafres, encore de fameux bassins !... » En 1876, Verlaine dessine aussi Rimbaud en Canaque tatoué.

Inspiré par une dessin de Humbert dans La Lanterne de Boquillon, Delahaye dessine Rimbaud, considéré comme un Sénégalais, en « Roi des sauvages » très jeune, fumant sa pipe assis sur son trône, les genoux repliés, une couronne sur la tête et gardé par un sauvage muni d’une lance, tandis que deux indigènes sont couchés, ventre à terre, prosternés devant lui.             

Sur des dessins aujourd’hui en mauvais état, Delahaye montre encore Rimbaud traversant la jungle de Java lorsque le mercenaire a déserté de l’armée coloniale néerlandaise en 1876. On voit le bateau [Prins van Oranje] pris dans la tempête et, en dessous, sur la même page, Rimbaud est attablé avec Delahaye qui lui demande : « Quand repars-tu ? » « Aussitôt que possible » répond l’homme au chapeau. Un dessin plus surprenant le montre en août 1877 sur le 70e parallèle, chaudement vêtu, chaussé de patins à glace, trinquant avec un ours polaire, chacun tenant un verre d’absinthe. Dans un ballon, il s’exclame : « Oh la la !... C’est plus des Javanais qu’il me faut !... » Peut-être Delahaye situe-t-il cet épisode pendant une supposée tournée avec le cirque Loisset.  



Dans le documentaire intitulé Prélude au grand départ. À travers les dessins de Verlaine, Nouveau et Delahaye, réalisé en 2006 à la Bibliothèque Jacques-Doucet, Yves Peyré, directeur à l’époque de cette Bibliothèque littéraire, présente un dessin énigmatique et surprenant, daté de 1877.

Sur le verso d’une lettre de Delahaye adressée à Verlaine figure un dessin solidement construit, mesurant 132 millimètres sur 205. (C’est le dessin n° 45, intitulé « L’été ». En haut à droite figure les références 7203-197)

Dans l’essentiel de l’image apparaît, assis en pleine nature au bord de l’eau, un géant nu, aux cheveux longs, au torse velu, plutôt débonnaire, entouré d’une multitude d’insectes, de quelques libellules et papillons,   



Entre ses jambes écartées, un personnage debout, couvert d’un  chapeau, en redingote pourrait être Rimbaud. (Mais il semble porter un monocle ou des lunettes et son nez et son menton pointus ne correspondent pas aux représentations habituelles qu’on fait de lui.)   Puisqu’il tient sur son bras gauche un grand mouchoir, va-t-il se moucher, s’essuyer le visage ou, comme le croit Yves Peyré,  récupère-t-il  des insectes ? Rimbaud n’est plus un géant mais un simple bourgeois.




Dans le dessin apparaissent encore une maison (qui ne ressemble guère à la ferme de Roche), des paysans munis d’une faux et de râteaux et des garnements plongeant dans une rivière (ou un étang). Les deux nageurs peuvent être Arthur et son frère Frédéric ou Arthur et Ernest Delahaye. 





Aucun ouvrage n’ayant, semble-t-il, reproduit ce dessin (il est absent du très bel ouvrage iconographique Autour de Verlaine et de Rimbaud réalisé en 1949 pour la Bibliothèque Doucet et Gallimard), on ne peut pas douter pourtant que l'ensemble ne se rapporte à Rimbaud puisque Delahaye écrit à Verlaine. Le dessin semble  synthétiser symboliquement divers aspects de l'existence du poète de Charleville. (La Bibliothèque reste muette sur ce sujet).

jeudi 5 mars 2020

Rimbaud dans la presse départementale (1)

Rimbaud et la rimbaldo-fiction

Article paru dans deux éditions vosgiennes de "Vosges Matin"
- Edition de Saint-Dié Massif des Vosges
- Edition de Remiremont-Epinal

Cela signifie que les lecteurs de Neufchâteau, Mirecourt, Vittel... n'auront pas accès à l'article...
sauf s'ils lisent ce blog !


Il eût été utile d'ajouter les références du livre :

Raymond Perrin : Rimbaud et la rimbaldo-fiction
Chance ou malchance pour la rimbaldie 
- Editions L'Harmattan
182 pages 18 euros. 

Le premier tirage de septembre 2019 était défectueux. Des pages étaient insuffisamment encrées.
Un nouveau tirage a été  effectué en février 2020.

Depuis le 26 juin 2020 est parue une NOUVELLE EDITION, ENTIEREMENT REVUE, AUGMENTEE D'UN INDEX DES NOMS DE PERSONNES  (192 pages)

EXIGEZ CE TIRAGE DE JUIN 2020.




dimanche 16 février 2020

Raymond Perrin publie un nouveau livre sur Rimbaud


À première vue, mon dernier essai, Rimbaud et la rimbaldo-fiction Chance ou malchance pour la rimbaldie, publié chez l’Harmattan, ne semble pas facile à appréhender.
C’est pourquoi j’ai rédigé une 4e de couverture qui me semble explicite. Plus simplement encore, il suffit de considérer Rimbaud comme un personnage de fiction.
Je me suis amusé à concocter une présentation publiable dans un journal, une revue ou un blog et qui peut être reprise par toute personne désireuse de faire connaître le livre.  À lire ci-dessous. 



samedi 14 septembre 2019

Rimbaud et la rimbaldo-fiction : recherche éditeur


RIMBAUD ET LA RIMBALDO-FICTION L'éditeur est trouvé

Le livre sera finalement publié par les éditions L'HARMATTAN.
Je viens de recevoir la 1ère de couverture (très différente de celle qui
figure ci-dessous).   







Table des matières

La rimbaldo-fiction, un exercice littéraire et iconographique en pleine expansion (7-14)

Naissance de la légende et premières hagiographies (15-19)

Des biographies romancées pour adolescents et d’autres pour les adultes (21-27)

Des écrivains font jouer à Rimbaud un rôle plus ou moins secondaire dans leur fiction (29-33)

Des projections plus ou moins narcissiques (35-44) 

Vivre comme Rimbaud, mythe ou réalité (45-48)

Des vies parallèles à celle de Rimbaud (49-51)

Invention ou reconstitution des propos ou du journal (fictif) de Rimbaud ou d’un proche (53-56)

Amateurs de Rimbaud, passez plutôt votre chemin… (57-58)

Un récit original inclassable et au-dessus du lot (59-60)

Rimbaud au pays de l’uchronie, de l’exofiction et du steampunk (61-68)

Caricatures et parodies dans des écrits pas toujours innocents (69-72)

Rimbaud et les bibliophiles passionnés (73-74)

Rimbaud au pays du polar rimbaldien (75-80)

Cap sur Aden, l’Afrique et le Harar (81-87)

Rencontres inattendues entre écrivains, personnalités ou artistes contemporains (89-96) 

Un lit, une photo, une lettre, un poème, une montre, des chevaux… et la fiction s’emballe (97-106)

Lecture réductrice ou monomaniaque : bringueur invétéré ou obsédé homosexuel et pornographique (107-108)

Des fictions poétiques : approches différentes de l’œuvre et de la vie de Rimbaud (109-111)

Rimbaud mis en scène au milieu de ses contemporains (113-118)

L’iconographie rimbaldienne, parfois  factice, parfois inventive (119-120)

L’œuvre de Rimbaud inspirée d’un auteur unique ou d’une seule théorie
(121-122)

Sur les traces de Rimbaud aujourd’hui (123)

Caricatures, dessins et bande dessinée Les « aventures espatrouillantes du voyageur toqué » (125-128)

Des albums de B.D. consacrés entièrement (ou presque) à Rimbaud (129-140)  

Rimbaud vu par le petit et le grand écran (141-160)

Être Rimbaud et danser et chanter… (161-167)

Bibliographie : (169-175)
I Bibliographie chronologique des ouvrages et articles de presse analysés 
II Articles de presse 
III Bandes dessinées
IV Cinéma et télévision 
V Ouvrages de références sur la rimbaldo-fiction
VI Ouvrages et publications publiant des éléments de rimbaldo-fiction 
VII Principales biographies de Rimbaud ayant souvent servi de support

L'ouvrage examine plus d'une centaine de romans ou d'articles, une douzaine de bandes dessinées,
autant de films et des extraits de chansons.    

mardi 20 août 2019

Aurélie Filippetti entre dans la rimbaldo-fiction


La rimbaldo-fiction, un exercice littéraire en pleine expansion   

Si on se limite aux processus d’identification  et aux projections plus ou moins narcissiques, l’exemple le plus récent est fourni par l’ancienne ministre Aurélie Filippetti dans Libération le 11 août 2019.
   
Qu’est-ce que la rimbaldo-fiction ?

Ce n’est pas un genre puisqu’elle touche à plusieurs types de récits romanesques. C’est plutôt un groupe de fictions hétéroclites qui introduit le personnage de Rimbaud dans tout ou partie d’un récit ou, construisant des avatars s’inspirant d’un certain état de la Vulgate, les font évoluer dans l’espace et le temps historique ou, au-delà, dans l’univers de l’uchronie.      
Ces avatars peuvent se nommer Arthur Cimber, Arthur Verlerin, Lucien Fleurier, Jean Le Monnier, Robert, Ali Abdallah, Eugène Frolon, Jovedi Merdouilla, Miss Rimbaud, Jean, Randall Terence Rode, Rimbaldo… (Rimbaud n’avait-il pas montré le premier l’exemple en se faisant appeler Rimbe, RBD ou Abdu Rimbo ?)
Il suffit parfois d’un élément du corps de Rimbaud, sa jambe (coupée ou non), son fémur, son squelette ou d’un vêtement réel ou supposé tel, une semelle, un chapeau, d’un descendant imaginaire, sa fille par exemple, pour que l’imagination se mette en branle.
Dernièrement, après avoir fait croire à l’auteur de bande dessinée dans son jeune âge, sont apparus les chevaux de Rimbaud, sa montre… Nul doute qu’on fera bientôt un sort au révolver qui l’a blessé, à ses maisons (souvent fictives puisqu’elles ont souvent été détruites), à ses boissons, à sa civière, que sais-je encore !  
Dans cette existence jugée sans doute trop courte, on ajoute des événements : le mariage, l’entrée à l’Académie, le Nobel (refusé), et bien sûr des rencontres fictives : avec Joseph Conrad, Lautréamont, Pétain, Karl Marx, Billy le Kid…           
Il ne faudrait pas croire que ce type de fictions ne fait intervenir que des auteurs jugés mineurs. Après Louis Aragon, Jean-Paul Sartre, Pierre Minet, Henry Miller, Jack Kerouac, Alain Blottière, Xavier Grall, sont intervenus Dominique Nogues, Pierre Michon, Philippe Sollers, Philippe Claudel, Jean d’Ormesson… On doit aussi noter les participations  de Franz Bartelt, des deux Besson (Philippe et Patrick, sans doute surpris d’être associés ici), de Patrick Deville, d’Alain Jaubert et de Philippe Forest… 
Dans la rimbaldo-fiction, on rencontre le pire et le meilleur. En plus des romans en tout genre (classiques, policiers ou de science-fiction), il faut évidemment intégrer la bande dessinée, les portraits dessinés plus ou moins fantaisistes, les détournements photographiques, le film et le téléfilm, parfois le rock et la chanson.
Il convient d’ajouter les hagiographies, les biographies romancées au style racoleur dont les dialogues prétendument « reconstitués » et certaines situations supposées sont tous deux inventés. Depuis quelques décennies, la biographie paraît en crise au point que l’on voit naître la fiction biographique, l’anabiographie, la métabiographie, la non-biographie, l’exobiographie, la bio-fiction ou la biographie intérieure…
Les causes de la naissance d’un tel amalgame de fictions qui considère Rimbaud comme un personnage de fiction paraissent claires. Oui, la vie de Rimbaud, malgré la multitude, voire la pléthore exponentielle et parfois redondante d’ouvrages qu’on lui a consacrée, au point de créer « une rimbaldothèque obèse et diabétique » pour Jean-Philippe Djian, présente encore trop de zones d’ombres irréductibles. Comme son oeuvre qui n’est pas « adressée », sans destinataire, échappe dans les Illuminations surtout, à ce que Jean-Luc Steinmetz appelle « le référent biographique », il est tentant de combler le vide laissé par de tels mystères en créant des fictions compensatrices, lesquelles restaurent l’unité supposée d’une vie et d’une oeuvre.



Rimbaldo-fiction et  projections plus ou moins narcissiques

Des fictions s’introduisent parfois familièrement dans le vécu de Rimbaud et s’enhardissent au point de devenir des projections plus ou moins narcissiques. La plus emblématique, en français dès 1952, est celle de l’écrivain américain Henry Miller dont le récit  The Time of the Assassins datant de 1946, est traduit différemment selon les époques ultérieures.
Ce « piège identificatoire », l’auteur originaire du Québec, Claude Jasmin plonge dedans en 1969 quand il écrit : Rimbaud, mon beau salaud ! publié à Montréal aux Éditions du jour.
Le ton très subjectif de Xavier Grall dans son essai : Arthur Rimbaud : La Marche au soleil, suivi de "La mère Rimb", paru chez Mazarine en 1980, n’est pas très  éloigné de celui de Claude Jasmin.
On ne peut pas aussi simplement ranger Alain Borer qui publie Rimbaud en Abyssinie
aux Éditions du Seuil, en 1984, dans la catégorie des rimbaldiens « narcissiques ». Ce point de vue serait trop réducteur. En revanche, son essai inclassable semble bien avoir sa place dans la collection « Fiction & Cie ». À 27 ans, le même âge que Rimbaud quand il arrive à Harar, Alain Borer entreprend de partir sur les traces du poète de Charleville devenu négociant, trafiquant en Abyssinie.
L’auteur de bandes dessinées et romancier Jean Teulé était déjà connu en 1991 pour son esprit facétieux et excentrique quand il publie chez Julliard Rainbow pour Rimbaud. À Charleville, Robert, natif de la ville en 1954, 36 ans, 2 m 10, s’enferme dans l’armoire noire de son enfance. C’est son bateau. De temps en temps, il récite des poèmes de Rimbaud. Il faut dire qu’il connaît par cœur les 1249 pages de l’édition de la Pléiade (édition Antoine Adam) qui ne le quitte jamais...
En 2006, Michel Étiévent ne manque pas d’audace quand il baptise « balade au cœur de la vie et de l’oeuvre de Rimbaud », son récit intitulé : La Semelle de Rimbaud, publié aux Éditions de la Differrance. L’auteur tutoie familièrement Rimbaud. En plus d’un processus courant d’identification, il met ses pas dans ceux du poète sans aucun respect ni de la chronologie ni d’un minimum de la vérité biographique.
Deux ans plus tard, en 2009 : Jacques Vialat propose Arthur Rimbaud autobiographie non autorisée, un ouvrage publié aux Éditions Thor. 
Plus narcissique que Jacques Vialat, tu meurs ! Ça commence avec les deux couvertures présentant les visages, tête bêche, de Rimbaud et de l’auteur !  Sur les pages de gauche, en italique, les poèmes de Rimbaud qui accompagnent le récit (subjectif) de sa vie, sur les pages de droite, à la première personne... Dans une deuxième partie du livre intitulée Le Corps volé, Rimbaud « s’est introduit dans le corps de Jacques Vialat, en a dompté la main, saisi la plume »…
L’écrivain Philippe Forest, un auteur apprécié par la critique, publie Une fatalité de bonheur chez Bernard Grasset, en mars 2016. C’est un abécédaire très personnel, constitué à partir de mots ou de thèmes empruntés à Rimbaud. Philippe Forest s’approprie 25 mots du vocabulaire rimbaldien  pour leur accoler un commentaire généralement autobiographique afin d’en faire « une lecture de sa vie »…

L’exemple le plus récent : L’exercice d’admiration d’Aurélie Filippetti

Au cours de l’été 2019, le quotidien Libération ouvre une rubrique « Admiration » qui permet à Aurélie Filippetti, ancienne ministre de la Culture, de publier « Arthur Rimbaud L’Illumineur » exprimant une « fraternité adolescente pour le poète réfractaire de Charleville ». (Aussitôt salué et qualifié le 12 août 2019 de « texte enchanteur », « à lire absolument » par Bernard Pivot, sur son compte twitter)
Ce qui permet de suspecter l’auteure d’un souci d’identification dans ce récit d’un compagnonnage fraternel et indulgent, ce sont les citations de Rimbaud (exactes ou adaptées), non attribuées et exemptes de guillemets. Dès le départ, elle écrit : « Je m’entête affreusement à adorer la liberté libre ». (Allusion non explicite à la lettre du 2 novembre 1870 adressée à Georges Izambard). Elle ajoute « sérieusement » à « J’ai 16 ans », renvoyant au fameux vers : « On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans » (du poème Roman). « Je rêve, il fait beau et j’embrasse l’aube d’été » (contiguïté d’un fragment personnel d’une citation adaptée) : elle arrive avec deux heures de retard à l’oral du bac : rebellion ou distraction ?
Toujours sans guillements, l’auteure paraphrase : « (…) je suis l’homme aux semelles de vent (…) et j’ai confiance en ses étoiles, qui au ciel ont un doux frou-frou. » (Allusion à Ma Bohême)        
 Elle rappelle que Rimbaud « arpentait la France d’Est à Paris » et ajoute « j’étais son féal » (en séchant les cours). Si « Je est un Autre », « j’y entends « Je est Rimbaud ». « Il faut dire qu’il me parle depuis longtemps et il me semble qu’il ne parle qu’à moi ».
Suit un passage illustrant : « Je suis une lointaine poétesse de 7 ans ». Trois ans plus tard, elle apprend par cœur Le Dormeur du val avec « son coup de tonnerre final », « la mort » : « deux trous sur le côté ».
La proximité avec Rimbaud est aussi géographique : « Rimbaud vient, et moi aussi, des terres de l’Est où les cicatrices de la guerre sont partout ». Elle évoque le père militaire absent « qui aurait pu l’arracher seul à l’austérité maternelle fermant le livre du seul devoir ». (Allusion au très beau poème Les poètes de sept ans : Et la  Mère fermant le livre du devoir S'en allait satisfaite et très fière...).
Autre mimétisme : « Rimbaud est un élève, éternel bon élève et moi aussi ». Retour sur les 16 ans quand « la norme sociale est abjecte ». Rimbaud est « absorbé par un long constant raisonné dérèglement de tous les sens ». (Allusion pour les seuls « lettrés » à la lettre à Paul Demeny du 15 mai 1871). « C’est ma révolte aussi et elle est littéraire donc sans risque » confesse Aurélie Filipetti. 
Autre confession : « J’ai 20 ans, c’est le pire âge de ma vie, et Rimbaud a perdu son mystère ». Avant de paraphraser, pour finir, Le Bateau Ivre, l’auteur imagine Verlaine avec « son cœur (…) plein de caporal, celui d’Arthur bave à la poupe » ! Voilà une interprétation curieuse et bien hérétique du poème Le Coeur supplicié, généralement considéré comme le récit d’un viol subi par Rimbaud.       
Le portrait sympathique de Rimbaud tel qu’il transparaît dans cet exercice d’admiration, celui de « l’illumineur » d’une enfance et d’une  adolescence, à mille lieues du « poète maudit », est évidemment indulgent et fortement subjectif.


samedi 16 mars 2019

Arthur Rimbaud et l'année 1949 (2) : une bibliographie plus précise

Arthur Rimbaud et l’année 1949 : Une bibliographie plus précise et plus ou moins chronologique


1949 : En janvier, naissance à Charleville du Bulletin de la Société des Amis de Rimbaud,
Bateau ivre, dirigé par Jean-Paul Vaillant, Pierre Petitfils  étant le rédacteur en chef.
Ce bulletin sera remplacé en 1967 par Etudes rimbaldiennes, lesquelles laisseront la
place à Rimbaud vivant en 1973.

1949 : Pierre Debray : Rimbaud, le magicien désabusé
            Postface de Daniel-Rops
- Paris : Julliard, janvier 1949.
            - 261 p. ; 19 * 12 cm. : broché.
            (Les Témoins de l’Esprit)
            Tirage : 3000 ex. numérotés.

1949 : Pierre Petitfils : L’Œuvre et le visage d’Arthur Rimbaud :
           Essai de bibliographie et d’iconographie
            - Paris : Nizet, février 1949.    
- 325 p. ; 20 * 14 cm. : pas d'ill.
            Index des noms propres. Appendice, addenda. (Nouvelle Bibliothèque Littéraire).

1949 : Jean-Marie Carré : Autour de Verlaine et de Rimbaud
Dessins inédits de Paul Verlaine, de Germain Nouveau et d’Ernest Delahaye
Classés et présentés par Jean-Marie Carré
- Paris : Université de Paris Cahiers Jacques Doucet 1560 ex.
- Paris : NRF Gallimard, avril 1949
- 168 p.; 21*28 cm : 100 ex. sur velin Crèvecœur du Marais, 1400 ex. sur velin,
60 exemplaires Hors Commerce numérotés de I à LX
(Ouvrage édité par la Société des Amis de la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet et
par la Librairie Gallimard).

1949 : Arthur Rimbaud, Henri Favre (Lithographies)
            Une saison en enfer
            - La Haye & Paris : A.A.A Stols, avril 1949 
            Onze lithographies en couleurs de Henri Favre
150 exemplaires sur Hollande van Gelder

1949 : Arthur Rimbaud, Roger de La Fresnaye
Les Illuminations
-         Paris : Henri Matarasso, avril 1949.
-         Tirage limité : 136 exemplaires en tout. Emboîtage spécial.
-         25 dessins gravés sur bois de Roger de La Fresnaye
(Édition de luxe)


1949 : Arthur Rimbaud [Jean Marcel], Jules Mouquet  (Œuvre faussement attribuée)
            Lettre du Baron de Petdechèvre à son secrétaire au château de Saint-Magloire
            suivie de deux dessins inédits.
            Introduction et commentaires par Jules Mouquet.
            - Genève : Pierre Cailler Editeur, avril 1949.
            - 55 p. ; 20 * 13 cm. : ill. p.7 : A. Rimbaud par Félix Valloton
            (Beaux textes, Textes rares, Textes inédits ; 19) 1170 exemplaires.
            Iconographie. (Rimbaud par Félix Valloton et ill.)
Reconnu tardivement comme un faux en 1991, grâce  à Marc Ascione qui a identifié le véritable auteur Jean Marcel.

1949 : [Nicolas Bataille, Akakia-Viala] (Œuvre faussement attribuée)
            La Chasse spirituelle
            Introduction de Pascal Pia. (Faux attribué à  Arthur Rimbaud)
            - Paris : Mercure de France, mai 1949.
            - 61 p. ; 24 * 19 cm. : broché.
3710 ex. numérotés  + quelques ex. H.C.


1949 : Henry de Bouillane de Lacoste : Rimbaud et le problème des Illuminations
            - Paris : Mercure de France, mai 1949.
            - 269 p. ; 25 * 17 cm. : en frontispice : fac-similé de "Bottom" et de "H".
            56 illustrations dont six hors-texte ; fac-similés.
            Bibliographie des ouvrages de Rimbaud et des études.
            Index des noms et des titres des textes.
            (Thèse soutenue en Sorbonne le 21 mai 1949)

1949 : Arthur Rimbaud, Henry de Bouillane de Lacoste :
Illuminations / Painted plates Édition critique
            Avec introduction et Notes par / Henry de Bouillane de Lacoste.
            - Paris : Mercure de France, mai 1949.
            - 203 p. ; 19 * 14 cm. : en frontispice, reproduction photo du manuscrit de "Scènes".
            Table supplémentaire des titres et lettres de Félix Fénéon.
            Bibliographie : Éditions des Illuminations (de 1886 à 1946).

1949 Arthur Rimbaud
Œuvres de Arthur Rimbaud Vers et Proses
Préface de Paul Claudel (datant de 1912)
-Paris : Mercure de France, 1949.
320 p. In-8
(Nouvelle édition)

1949 : Arthur Rimbaud : Œuvres
            Poésies. Vers nouveaux et chansons. Une saison en enfer.
Illuminations. Premières proses. Proses.
- Paris : Le Club Français du Livre, 1949.
  
1949 : Claude-Edmonde Magny :
Arthur Rimbaud : Œuvres choisies
- Paris : Pierre Seghers, novembre 1949.
- 205 p. ; 16 * 14 cm. : couv. ill. : Rimbaud "de mémoire" par Verlaine
19 illustrations ; 16 photos h-t. (Poètes d’aujourd'hui ; 12). 2ème édition en 1956.
3ème édition en 1967 avec nouv. ill. de couv.

1949 : Film Le Bateau ivre (Première à Charleville le 11 mai)
            Producteur : Henri Beauvais Réalisateur : Alfred Chaumel
            Musique de Robert Bergmann Voix de Jean-Louis Barrault
            Prélude à plusieurs voix de Simon Gantillon

1949 : Revue ardennaise : Le Rimbaldien n° 15 printemps-été 1949
            Revue ardennaise : Le Rimbaldien n° 16 automne 1949

1949 : André Breton :
a) Flagrant délit : Rimbaud devant la conjuration de l'imposture et du trucage
- Paris : Éditions Thésée, juillet 1949.  (1ère édition brochée)
- 68 p. ; 24 * 19 cm. Couv. ill. : « La Guerre » de Henri Rousseau (litho.)
b) Réédition : Flagrant délit [suivi de 3 interventions d’André Breton : 1949-1952]
- Paris : Jean-Jacques Pauvert, 1964.
- 167 p. ; 18 * 9 cm. ; (Libertés ; 7)

1949 : Luc Decaunes
            Arthur Rimbaud ou le Jules Verne de la poésie
-         Marseille : Les Cahiers du Sud n° 295, juillet 1949, pp. 495-505.
(Réédition en volume en 1954 chez Seghers).

1949 : Robert Goffin : Rimbaud et Verlaine vivants
Avant-propos de Jean Cassou. Illustrations, documents, autographes inédits.
- Bruxelles-Paris : Les Éditions L’Écran du Monde, [1949] (sans date)
- 344 p. ; 19 * 13 cm. :
Deux hors-texte : Rimbaud par Valentine Hugo et Verlaine par Henry Cros.
(La critique vivante,  2)
Tirage limité à 1600 ex. 1ère  édition :"Rimbaud vivant", (Corréa-1937)
Édition revue du texte de 1937, augmentée en 1949.

1949 : Arthur Rimbaud : Œuvres
            Poésies. Vers nouveaux et chansons. Une saison en enfer.
Illuminations. Premières proses. Proses.
- Paris : Le Club Français du Livre, 1949.
- 340 p. (dont 322 paginées) ; 18,5 * 22 cm.
Ouvrage relié tiré sur papier alfa ; cartonnage illustré éditeur
couv. ill. coul. sur fond noir ; 21,5 * 18 cm., maquette de Robert Massin et André Noël.
Tirage Hors commerce : 26 ex. + 200 ex. +  2500 ex. numérotés.


1949 : Arthur Rimbaud, Fernand Léger
Les Illuminations
-         Préface de Henry Miller
-         Pully-Lausanne : Éditions des Gaules-Grosclaude
-         15 Lithographies originales de Fernand Léger
Format : 25*33 cm. (Édition de luxe, tirage limité)



1949 : René Etiemble
            Vingt ans après : 1 De Rimbaud à Rimbaud
            2 Rimbaldisme et rimbaldite
            Revue Les Temps modernes Octobre et novembre 1949
             
1949 : Maurice Blanchot :
            La Part du feu
- Paris : Gallimard, 1949.
(Contient Le Sommeil de Rimbaud, publié dans Critique en mars 1947)

Autres publications :
Numéro spécial sur Rimbaud de Biblio n° 5, mai-juin, Hachette.
Rimbaud et Swedenborg par Joë Bousquet, Critique, avril 1949. Rimbaldisme, gnosticisme, hermétisme par Albert-Maris Schmidt, La Table ronde, novembre 1949. 
Découvertes rimbaldiennes par Albert Béguin, dans Empédocle, juin-juillet 1949.  Le Symbolisme mystique de Rimbaud par Jacques Gengoux dans Les Cahiers du collège Philosophique, 1949. Une révolution dans la chronologie des œuvres de Rimbaud par Maurice Saillet dans Le Mercure de France, août 1949.