dimanche 20 octobre 2019

RIMBAUD ET LA RIMBALDO-FICTION, DANS LA B.D., LE FILM ET LE TELEFILM


RIMBAUD ET LA RIMBALDO-FICTION

La bande dessinée, le film et le téléfilm fournissent des exemples incontournables de la rimbaldo-ficition. Sans vouloir être exhaustif, voici la bibliographie des ouvrages, films ou téléfilms analysés dans cet ouvrage.

  

Bandes dessinées :

- Bernard Chiavelli : Arthur R. Promenade pour 5 chameaux Dargaud, 1987. 48 p. ; 30 cm. sur 23. 
- Bernard Chiavelli, Évelyne Tran-Lê : Arthur R. Un coup de dés jamais n’abolira le hasard, Dargaud, 1988.
- Bernard Chiavelli, couleurs : Évelyne Tran-Lê : Arthur Rimbaud Le Dernier voyage  Dargaud, 1991. 51 p. ; 32 cm. sur 24. B. D en couleurs.
- Jean Teulé : La Jambe de Rimbaud Revue de B.D. À suivre Reportage illustré 
- Collectif : Arthur Rimbaud, collection « Les Récits Grand Large », 1994.
- Gilles Macagno (illustrations), Philippe Richard (textes) : Le Petit Rimbaud illustré Charleville-Mézières : Les Éditions du Créton, 1994. 52 p. Illustrations noir & blanc
- Christophe Renault (textes biographiques), Couverture d’Estelle Meyrand : Poèmes de Rimbaud en bandes dessinées Darnétal (76162) : Petit à petit, 2004. 95 p. ;
22 cm. sur 15. (divers scénaristes et dessinateurs)
- Leigh Sauerwein, Dominique Bertail : Une vie de Rimbaud en bd, 2004. Bayard Presse. Revue pour la jeunesse Je bouquine n° 249, novembre.
- Christophe Dabitch (récit) et Benjamin Flao (dessin) : La Ligne de fuite Éditions Futuropolis, 2007. 120 p., 30 cm sur 24.
- Christian Straboni, Laurence Maurel : Le Chapeau de Rimbaud Éditions Akileos 65 planches, grand format : 32 cm. sur 24. 2010.
- Édith & Corcal : La Chambre de Lautréamont d’après l’œuvre d’Auguste Bretagne et Eugène de T.S. Futuropolis, janvier 2012. 136 p., 27,5 cm. sur 20,5.
- Xavier Coste : Rimbaud l’indésirable Casterman, mai 2013. 128 p., 32 cm. sur 24,5. 
- Christian Clot (Concept général), Philippe Thirault (Scénario), Thomas Verguet (Dessin), Céline Labriet (Couleurs) : Rimbaud L’Explorateur maudit Grenoble : Éditions Glénat, mars 2016. (B.D.) 48 p. (+ 8 pages : dossier historique de Christian Clot), 32 cm. sur 24. (Coll. Explora)
- Jean-François Desserre : Le Dernier Rimbaud Éditions Grèges si loin si proche, septembre 2016. Non paginé [72 p.], 24,5 cm. sur 18,5.



Films et téléfilms :


(N.B. : Eclipse Totale et Rimbaud Verlaine constituent les deux titres d'un même film)  



- Poursuite d’Arthur Rimbaud, Max-Pol Fouchet, 1965.
- Une saison en enfer (Una Stagione all’Inferno), Nelo Risi, 1970.
- Pierre Seghers, Jacques Charpier : Des poètes et des hommes : Arthur Rimbaud, 1971.
- Rimbaud, le Voleur de feu, Charles Brabant, 1978.
- Voyage au pays de Rimbaud, Dariush Mehrjui, 1983.
- Richard Dindo : Arthur Rimbaud, une biographie, 1991.
- Arthur Rimbaud. L’Homme aux semelles de vent. Marc Rivière, Jean-Louis Benoît, Michel Favart, 1995.
- Rainbow pour Rimbaud, Jean Teulé et Laurent Bénégui, 1996.
- Agnieszka Holland : Rimbaud Verlaine (ou Total Eclipse) d’après Christopher Hampton : Les Fils du soleil. 1995-1997.
- Jean-Philippe Perrot, Arthur Rimbaud, liberté libre, 1998.
- Étienne Faure et Claude Jeancolas, Rimbaud Quoi ? L’éternité, 2004.
- Jean-Michel Djian, Rimbaud, Le roman du Harar, 2015.

jeudi 17 octobre 2019

Rimbaud et la rimbaldo-fiction : Début d'un index


Rimbaud et la rimbaldo-fiction
Index des auteurs dans l’ordre des apparitions dans l’essai :



Voici quelques noms d' auteur(e)s de récits et de pièces de théâtre entrant dans le cadre de la « rimbaldo-fiction » :

Félicien Champsaur (15), Fernand Clerget (15), Paterne Berrichon (16), Marguerite-Yerta Méléra (17), Louis Aragon (19), Bernard Barokas (21), Sarah Cohen-Scali (22), Magali Wiener (23), Sophie Doudet (24), Françoise d’Eaubonne (26), Gilles Bontoux (27), Jean-Paul Sartre (29), Alain Blottière (29), Jean-Marie Gustave Le Clézio (30), Henry Miller (35), Claude Jasmin (36), Xavier Grall  (36), Alain Borer (38), Xavier Deutsch (39), Jean Teulé (40), Michel Étiévent (41), Jacques Vialat (42), Philippe Forest (43), Aurélie Filippetti (44), Pierre Minet (45), Noël Couëdel (45), Philippe Claudel (46), Fabrice Paulus (46), Giacomo Carretto et Luigi De Pascalis (47), James Ramsay Ullman (49), Yasmine Khlat (49), Jack Kerouac (50), Richard Hell (alias Richard Meyers) (51), Philippe Besson (53), Loïc Depecker (56), Jean-Pierre Verheggen (57), Jean-Pierre Cescosse (57), Joël Planque (57), Victor Kathémo (57), Marc Augé (58), Pierre Michon (59), Dominique Noguez (61), Colette Fayard (62), Philippe Aubert (64), Gérard Orthlieb (64), Thierry Beinstingel (65), Jocelyn Lord (67), Sylvie Denis (68), Noël Tuot  (69), Franz Bartelt (71), Patrick Virelles (73), Jean-Baptiste Baronian (73), Jacques Godbout (75), Pierre Brasseur (76), Jean-Claude Bologne (76), Roger Maudhuy (77), Gilles Verdet (78), Thierry Reboud (79), Jean-Michel Lecocq (79), Frédéric de Boccard (81), Jean-Pierre Vedrines (82), Alain Sanders (82), Aloïs Christ (83), Jean Esponde (83), Alain Vircondelet (84), Francis Ricard (86), Thierry Dardart (86), Jacques Ameline (89), Philippe Sollers (89), Jean d’Ormesson (91), Laurent Maréchaux (92), Alain Jaubert (93), John Olson (94), Patrick Deville (94), René Guitton (95), Pierre Linette (97), Emmanuel Arnaud (98), Serge Filippini (99), Arnaud Degrève (100), Guillaume Meurice (101), Jean-Luc Steinmetz (102), Brice Tarvel (103), Alexandre Blaineau (104), Christian Paillet (107), William Maltese et Drewey Wayne Gunn (107), Kathy Acker (108), Marc Chodolenko (109), Al Berto (109), Richard Rognet (110), Brigitte Fontaine (110), Georges Bonnamy (113), Pierre Grève et Victor Camarat (113), Nicolas Bataille et Akakia Viala (114), Jacques Guimet (114), Pierrette Dupoyet (114), Patrick Besson (115), Gérard Guégan (116), Christopher Hampton, Didier Long (117)…                             

samedi 14 septembre 2019

Rimbaud et la rimbaldo-fiction : recherche éditeur


RIMBAUD ET LA RIMBALDO-FICTION L'éditeur est trouvé

Le livre sera finalement publié par les éditions L'HARMATTAN.
Je viens de recevoir la 1ère de couverture (très différente de celle qui
figure ci-dessous).   







Table des matières

La rimbaldo-fiction, un exercice littéraire et iconographique en pleine expansion (7-14)

Naissance de la légende et premières hagiographies (15-19)

Des biographies romancées pour adolescents et d’autres pour les adultes (21-27)

Des écrivains font jouer à Rimbaud un rôle plus ou moins secondaire dans leur fiction (29-33)

Des projections plus ou moins narcissiques (35-44) 

Vivre comme Rimbaud, mythe ou réalité (45-48)

Des vies parallèles à celle de Rimbaud (49-51)

Invention ou reconstitution des propos ou du journal (fictif) de Rimbaud ou d’un proche (53-56)

Amateurs de Rimbaud, passez plutôt votre chemin… (57-58)

Un récit original inclassable et au-dessus du lot (59-60)

Rimbaud au pays de l’uchronie, de l’exofiction et du steampunk (61-68)

Caricatures et parodies dans des écrits pas toujours innocents (69-72)

Rimbaud et les bibliophiles passionnés (73-74)

Rimbaud au pays du polar rimbaldien (75-80)

Cap sur Aden, l’Afrique et le Harar (81-87)

Rencontres inattendues entre écrivains, personnalités ou artistes contemporains (89-96) 

Un lit, une photo, une lettre, un poème, une montre, des chevaux… et la fiction s’emballe (97-106)

Lecture réductrice ou monomaniaque : bringueur invétéré ou obsédé homosexuel et pornographique (107-108)

Des fictions poétiques : approches différentes de l’œuvre et de la vie de Rimbaud (109-111)

Rimbaud mis en scène au milieu de ses contemporains (113-118)

L’iconographie rimbaldienne, parfois  factice, parfois inventive (119-120)

L’œuvre de Rimbaud inspirée d’un auteur unique ou d’une seule théorie
(121-122)

Sur les traces de Rimbaud aujourd’hui (123)

Caricatures, dessins et bande dessinée Les « aventures espatrouillantes du voyageur toqué » (125-128)

Des albums de B.D. consacrés entièrement (ou presque) à Rimbaud (129-140)  

Rimbaud vu par le petit et le grand écran (141-160)

Être Rimbaud et danser et chanter… (161-167)

Bibliographie : (169-175)
I Bibliographie chronologique des ouvrages et articles de presse analysés 
II Articles de presse 
III Bandes dessinées
IV Cinéma et télévision 
V Ouvrages de références sur la rimbaldo-fiction
VI Ouvrages et publications publiant des éléments de rimbaldo-fiction 
VII Principales biographies de Rimbaud ayant souvent servi de support

L'ouvrage examine plus d'une centaine de romans ou d'articles, une douzaine de bandes dessinées,
autant de films et des extraits de chansons.    

mardi 20 août 2019

Aurélie Filippetti entre dans la rimbaldo-fiction


La rimbaldo-fiction, un exercice littéraire en pleine expansion   

Si on se limite aux processus d’identification  et aux projections plus ou moins narcissiques, l’exemple le plus récent est fourni par l’ancienne ministre Aurélie Filippetti dans Libération le 11 août 2019.
   
Qu’est-ce que la rimbaldo-fiction ?

Ce n’est pas un genre puisqu’elle touche à plusieurs types de récits romanesques. C’est plutôt un groupe de fictions hétéroclites qui introduit le personnage de Rimbaud dans tout ou partie d’un récit ou, construisant des avatars s’inspirant d’un certain état de la Vulgate, les font évoluer dans l’espace et le temps historique ou, au-delà, dans l’univers de l’uchronie.      
Ces avatars peuvent se nommer Arthur Cimber, Arthur Verlerin, Lucien Fleurier, Jean Le Monnier, Robert, Ali Abdallah, Eugène Frolon, Jovedi Merdouilla, Miss Rimbaud, Jean, Randall Terence Rode, Rimbaldo… (Rimbaud n’avait-il pas montré le premier l’exemple en se faisant appeler Rimbe, RBD ou Abdu Rimbo ?)
Il suffit parfois d’un élément du corps de Rimbaud, sa jambe (coupée ou non), son fémur, son squelette ou d’un vêtement réel ou supposé tel, une semelle, un chapeau, d’un descendant imaginaire, sa fille par exemple, pour que l’imagination se mette en branle.
Dernièrement, après avoir fait croire à l’auteur de bande dessinée dans son jeune âge, sont apparus les chevaux de Rimbaud, sa montre… Nul doute qu’on fera bientôt un sort au révolver qui l’a blessé, à ses maisons (souvent fictives puisqu’elles ont souvent été détruites), à ses boissons, à sa civière, que sais-je encore !  
Dans cette existence jugée sans doute trop courte, on ajoute des événements : le mariage, l’entrée à l’Académie, le Nobel (refusé), et bien sûr des rencontres fictives : avec Joseph Conrad, Lautréamont, Pétain, Karl Marx, Billy le Kid…           
Il ne faudrait pas croire que ce type de fictions ne fait intervenir que des auteurs jugés mineurs. Après Louis Aragon, Jean-Paul Sartre, Pierre Minet, Henry Miller, Jack Kerouac, Alain Blottière, Xavier Grall, sont intervenus Dominique Nogues, Pierre Michon, Philippe Sollers, Philippe Claudel, Jean d’Ormesson… On doit aussi noter les participations  de Franz Bartelt, des deux Besson (Philippe et Patrick, sans doute surpris d’être associés ici), de Patrick Deville, d’Alain Jaubert et de Philippe Forest… 
Dans la rimbaldo-fiction, on rencontre le pire et le meilleur. En plus des romans en tout genre (classiques, policiers ou de science-fiction), il faut évidemment intégrer la bande dessinée, les portraits dessinés plus ou moins fantaisistes, les détournements photographiques, le film et le téléfilm, parfois le rock et la chanson.
Il convient d’ajouter les hagiographies, les biographies romancées au style racoleur dont les dialogues prétendument « reconstitués » et certaines situations supposées sont tous deux inventés. Depuis quelques décennies, la biographie paraît en crise au point que l’on voit naître la fiction biographique, l’anabiographie, la métabiographie, la non-biographie, l’exobiographie, la bio-fiction ou la biographie intérieure…
Les causes de la naissance d’un tel amalgame de fictions qui considère Rimbaud comme un personnage de fiction paraissent claires. Oui, la vie de Rimbaud, malgré la multitude, voire la pléthore exponentielle et parfois redondante d’ouvrages qu’on lui a consacrée, au point de créer « une rimbaldothèque obèse et diabétique » pour Jean-Philippe Djian, présente encore trop de zones d’ombres irréductibles. Comme son oeuvre qui n’est pas « adressée », sans destinataire, échappe dans les Illuminations surtout, à ce que Jean-Luc Steinmetz appelle « le référent biographique », il est tentant de combler le vide laissé par de tels mystères en créant des fictions compensatrices, lesquelles restaurent l’unité supposée d’une vie et d’une oeuvre.



Rimbaldo-fiction et  projections plus ou moins narcissiques

Des fictions s’introduisent parfois familièrement dans le vécu de Rimbaud et s’enhardissent au point de devenir des projections plus ou moins narcissiques. La plus emblématique, en français dès 1952, est celle de l’écrivain américain Henry Miller dont le récit  The Time of the Assassins datant de 1946, est traduit différemment selon les époques ultérieures.
Ce « piège identificatoire », l’auteur originaire du Québec, Claude Jasmin plonge dedans en 1969 quand il écrit : Rimbaud, mon beau salaud ! publié à Montréal aux Éditions du jour.
Le ton très subjectif de Xavier Grall dans son essai : Arthur Rimbaud : La Marche au soleil, suivi de "La mère Rimb", paru chez Mazarine en 1980, n’est pas très  éloigné de celui de Claude Jasmin.
On ne peut pas aussi simplement ranger Alain Borer qui publie Rimbaud en Abyssinie
aux Éditions du Seuil, en 1984, dans la catégorie des rimbaldiens « narcissiques ». Ce point de vue serait trop réducteur. En revanche, son essai inclassable semble bien avoir sa place dans la collection « Fiction & Cie ». À 27 ans, le même âge que Rimbaud quand il arrive à Harar, Alain Borer entreprend de partir sur les traces du poète de Charleville devenu négociant, trafiquant en Abyssinie.
L’auteur de bandes dessinées et romancier Jean Teulé était déjà connu en 1991 pour son esprit facétieux et excentrique quand il publie chez Julliard Rainbow pour Rimbaud. À Charleville, Robert, natif de la ville en 1954, 36 ans, 2 m 10, s’enferme dans l’armoire noire de son enfance. C’est son bateau. De temps en temps, il récite des poèmes de Rimbaud. Il faut dire qu’il connaît par cœur les 1249 pages de l’édition de la Pléiade (édition Antoine Adam) qui ne le quitte jamais...
En 2006, Michel Étiévent ne manque pas d’audace quand il baptise « balade au cœur de la vie et de l’oeuvre de Rimbaud », son récit intitulé : La Semelle de Rimbaud, publié aux Éditions de la Differrance. L’auteur tutoie familièrement Rimbaud. En plus d’un processus courant d’identification, il met ses pas dans ceux du poète sans aucun respect ni de la chronologie ni d’un minimum de la vérité biographique.
Deux ans plus tard, en 2009 : Jacques Vialat propose Arthur Rimbaud autobiographie non autorisée, un ouvrage publié aux Éditions Thor. 
Plus narcissique que Jacques Vialat, tu meurs ! Ça commence avec les deux couvertures présentant les visages, tête bêche, de Rimbaud et de l’auteur !  Sur les pages de gauche, en italique, les poèmes de Rimbaud qui accompagnent le récit (subjectif) de sa vie, sur les pages de droite, à la première personne... Dans une deuxième partie du livre intitulée Le Corps volé, Rimbaud « s’est introduit dans le corps de Jacques Vialat, en a dompté la main, saisi la plume »…
L’écrivain Philippe Forest, un auteur apprécié par la critique, publie Une fatalité de bonheur chez Bernard Grasset, en mars 2016. C’est un abécédaire très personnel, constitué à partir de mots ou de thèmes empruntés à Rimbaud. Philippe Forest s’approprie 25 mots du vocabulaire rimbaldien  pour leur accoler un commentaire généralement autobiographique afin d’en faire « une lecture de sa vie »…

L’exemple le plus récent : L’exercice d’admiration d’Aurélie Filippetti

Au cours de l’été 2019, le quotidien Libération ouvre une rubrique « Admiration » qui permet à Aurélie Filippetti, ancienne ministre de la Culture, de publier « Arthur Rimbaud L’Illumineur » exprimant une « fraternité adolescente pour le poète réfractaire de Charleville ». (Aussitôt salué et qualifié le 12 août 2019 de « texte enchanteur », « à lire absolument » par Bernard Pivot, sur son compte twitter)
Ce qui permet de suspecter l’auteure d’un souci d’identification dans ce récit d’un compagnonnage fraternel et indulgent, ce sont les citations de Rimbaud (exactes ou adaptées), non attribuées et exemptes de guillemets. Dès le départ, elle écrit : « Je m’entête affreusement à adorer la liberté libre ». (Allusion non explicite à la lettre du 2 novembre 1870 adressée à Georges Izambard). Elle ajoute « sérieusement » à « J’ai 16 ans », renvoyant au fameux vers : « On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans » (du poème Roman). « Je rêve, il fait beau et j’embrasse l’aube d’été » (contiguïté d’un fragment personnel d’une citation adaptée) : elle arrive avec deux heures de retard à l’oral du bac : rebellion ou distraction ?
Toujours sans guillements, l’auteure paraphrase : « (…) je suis l’homme aux semelles de vent (…) et j’ai confiance en ses étoiles, qui au ciel ont un doux frou-frou. » (Allusion à Ma Bohême)        
 Elle rappelle que Rimbaud « arpentait la France d’Est à Paris » et ajoute « j’étais son féal » (en séchant les cours). Si « Je est un Autre », « j’y entends « Je est Rimbaud ». « Il faut dire qu’il me parle depuis longtemps et il me semble qu’il ne parle qu’à moi ».
Suit un passage illustrant : « Je suis une lointaine poétesse de 7 ans ». Trois ans plus tard, elle apprend par cœur Le Dormeur du val avec « son coup de tonnerre final », « la mort » : « deux trous sur le côté ».
La proximité avec Rimbaud est aussi géographique : « Rimbaud vient, et moi aussi, des terres de l’Est où les cicatrices de la guerre sont partout ». Elle évoque le père militaire absent « qui aurait pu l’arracher seul à l’austérité maternelle fermant le livre du seul devoir ». (Allusion au très beau poème Les poètes de sept ans : Et la  Mère fermant le livre du devoir S'en allait satisfaite et très fière...).
Autre mimétisme : « Rimbaud est un élève, éternel bon élève et moi aussi ». Retour sur les 16 ans quand « la norme sociale est abjecte ». Rimbaud est « absorbé par un long constant raisonné dérèglement de tous les sens ». (Allusion pour les seuls « lettrés » à la lettre à Paul Demeny du 15 mai 1871). « C’est ma révolte aussi et elle est littéraire donc sans risque » confesse Aurélie Filipetti. 
Autre confession : « J’ai 20 ans, c’est le pire âge de ma vie, et Rimbaud a perdu son mystère ». Avant de paraphraser, pour finir, Le Bateau Ivre, l’auteur imagine Verlaine avec « son cœur (…) plein de caporal, celui d’Arthur bave à la poupe » ! Voilà une interprétation curieuse et bien hérétique du poème Le Coeur supplicié, généralement considéré comme le récit d’un viol subi par Rimbaud.       
Le portrait sympathique de Rimbaud tel qu’il transparaît dans cet exercice d’admiration, celui de « l’illumineur » d’une enfance et d’une  adolescence, à mille lieues du « poète maudit », est évidemment indulgent et fortement subjectif.


samedi 16 mars 2019

Arthur Rimbaud et l'année 1949 (2) : une bibliographie plus précise

Arthur Rimbaud et l’année 1949 : Une bibliographie plus précise et plus ou moins chronologique


1949 : En janvier, naissance à Charleville du Bulletin de la Société des Amis de Rimbaud,
Bateau ivre, dirigé par Jean-Paul Vaillant, Pierre Petitfils  étant le rédacteur en chef.
Ce bulletin sera remplacé en 1967 par Etudes rimbaldiennes, lesquelles laisseront la
place à Rimbaud vivant en 1973.

1949 : Pierre Debray : Rimbaud, le magicien désabusé
            Postface de Daniel-Rops
- Paris : Julliard, janvier 1949.
            - 261 p. ; 19 * 12 cm. : broché.
            (Les Témoins de l’Esprit)
            Tirage : 3000 ex. numérotés.

1949 : Pierre Petitfils : L’Œuvre et le visage d’Arthur Rimbaud :
           Essai de bibliographie et d’iconographie
            - Paris : Nizet, février 1949.    
- 325 p. ; 20 * 14 cm. : pas d'ill.
            Index des noms propres. Appendice, addenda. (Nouvelle Bibliothèque Littéraire).

1949 : Jean-Marie Carré : Autour de Verlaine et de Rimbaud
Dessins inédits de Paul Verlaine, de Germain Nouveau et d’Ernest Delahaye
Classés et présentés par Jean-Marie Carré
- Paris : Université de Paris Cahiers Jacques Doucet 1560 ex.
- Paris : NRF Gallimard, avril 1949
- 168 p.; 21*28 cm : 100 ex. sur velin Crèvecœur du Marais, 1400 ex. sur velin,
60 exemplaires Hors Commerce numérotés de I à LX
(Ouvrage édité par la Société des Amis de la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet et
par la Librairie Gallimard).

1949 : Arthur Rimbaud, Henri Favre (Lithographies)
            Une saison en enfer
            - La Haye & Paris : A.A.A Stols, avril 1949 
            Onze lithographies en couleurs de Henri Favre
150 exemplaires sur Hollande van Gelder

1949 : Arthur Rimbaud, Roger de La Fresnaye
Les Illuminations
-         Paris : Henri Matarasso, avril 1949.
-         Tirage limité : 136 exemplaires en tout. Emboîtage spécial.
-         25 dessins gravés sur bois de Roger de La Fresnaye
(Édition de luxe)


1949 : Arthur Rimbaud [Jean Marcel], Jules Mouquet  (Œuvre faussement attribuée)
            Lettre du Baron de Petdechèvre à son secrétaire au château de Saint-Magloire
            suivie de deux dessins inédits.
            Introduction et commentaires par Jules Mouquet.
            - Genève : Pierre Cailler Editeur, avril 1949.
            - 55 p. ; 20 * 13 cm. : ill. p.7 : A. Rimbaud par Félix Valloton
            (Beaux textes, Textes rares, Textes inédits ; 19) 1170 exemplaires.
            Iconographie. (Rimbaud par Félix Valloton et ill.)
Reconnu tardivement comme un faux en 1991, grâce  à Marc Ascione qui a identifié le véritable auteur Jean Marcel.

1949 : [Nicolas Bataille, Akakia-Viala] (Œuvre faussement attribuée)
            La Chasse spirituelle
            Introduction de Pascal Pia. (Faux attribué à  Arthur Rimbaud)
            - Paris : Mercure de France, mai 1949.
            - 61 p. ; 24 * 19 cm. : broché.
3710 ex. numérotés  + quelques ex. H.C.


1949 : Henry de Bouillane de Lacoste : Rimbaud et le problème des Illuminations
            - Paris : Mercure de France, mai 1949.
            - 269 p. ; 25 * 17 cm. : en frontispice : fac-similé de "Bottom" et de "H".
            56 illustrations dont six hors-texte ; fac-similés.
            Bibliographie des ouvrages de Rimbaud et des études.
            Index des noms et des titres des textes.
            (Thèse soutenue en Sorbonne le 21 mai 1949)

1949 : Arthur Rimbaud, Henry de Bouillane de Lacoste :
Illuminations / Painted plates Édition critique
            Avec introduction et Notes par / Henry de Bouillane de Lacoste.
            - Paris : Mercure de France, mai 1949.
            - 203 p. ; 19 * 14 cm. : en frontispice, reproduction photo du manuscrit de "Scènes".
            Table supplémentaire des titres et lettres de Félix Fénéon.
            Bibliographie : Éditions des Illuminations (de 1886 à 1946).

1949 Arthur Rimbaud
Œuvres de Arthur Rimbaud Vers et Proses
Préface de Paul Claudel (datant de 1912)
-Paris : Mercure de France, 1949.
320 p. In-8
(Nouvelle édition)

1949 : Arthur Rimbaud : Œuvres
            Poésies. Vers nouveaux et chansons. Une saison en enfer.
Illuminations. Premières proses. Proses.
- Paris : Le Club Français du Livre, 1949.
  
1949 : Claude-Edmonde Magny :
Arthur Rimbaud : Œuvres choisies
- Paris : Pierre Seghers, novembre 1949.
- 205 p. ; 16 * 14 cm. : couv. ill. : Rimbaud "de mémoire" par Verlaine
19 illustrations ; 16 photos h-t. (Poètes d’aujourd'hui ; 12). 2ème édition en 1956.
3ème édition en 1967 avec nouv. ill. de couv.

1949 : Film Le Bateau ivre (Première à Charleville le 11 mai)
            Producteur : Henri Beauvais Réalisateur : Alfred Chaumel
            Musique de Robert Bergmann Voix de Jean-Louis Barrault
            Prélude à plusieurs voix de Simon Gantillon

1949 : Revue ardennaise : Le Rimbaldien n° 15 printemps-été 1949
            Revue ardennaise : Le Rimbaldien n° 16 automne 1949

1949 : André Breton :
a) Flagrant délit : Rimbaud devant la conjuration de l'imposture et du trucage
- Paris : Éditions Thésée, juillet 1949.  (1ère édition brochée)
- 68 p. ; 24 * 19 cm. Couv. ill. : « La Guerre » de Henri Rousseau (litho.)
b) Réédition : Flagrant délit [suivi de 3 interventions d’André Breton : 1949-1952]
- Paris : Jean-Jacques Pauvert, 1964.
- 167 p. ; 18 * 9 cm. ; (Libertés ; 7)

1949 : Luc Decaunes
            Arthur Rimbaud ou le Jules Verne de la poésie
-         Marseille : Les Cahiers du Sud n° 295, juillet 1949, pp. 495-505.
(Réédition en volume en 1954 chez Seghers).

1949 : Robert Goffin : Rimbaud et Verlaine vivants
Avant-propos de Jean Cassou. Illustrations, documents, autographes inédits.
- Bruxelles-Paris : Les Éditions L’Écran du Monde, [1949] (sans date)
- 344 p. ; 19 * 13 cm. :
Deux hors-texte : Rimbaud par Valentine Hugo et Verlaine par Henry Cros.
(La critique vivante,  2)
Tirage limité à 1600 ex. 1ère  édition :"Rimbaud vivant", (Corréa-1937)
Édition revue du texte de 1937, augmentée en 1949.

1949 : Arthur Rimbaud : Œuvres
            Poésies. Vers nouveaux et chansons. Une saison en enfer.
Illuminations. Premières proses. Proses.
- Paris : Le Club Français du Livre, 1949.
- 340 p. (dont 322 paginées) ; 18,5 * 22 cm.
Ouvrage relié tiré sur papier alfa ; cartonnage illustré éditeur
couv. ill. coul. sur fond noir ; 21,5 * 18 cm., maquette de Robert Massin et André Noël.
Tirage Hors commerce : 26 ex. + 200 ex. +  2500 ex. numérotés.


1949 : Arthur Rimbaud, Fernand Léger
Les Illuminations
-         Préface de Henry Miller
-         Pully-Lausanne : Éditions des Gaules-Grosclaude
-         15 Lithographies originales de Fernand Léger
Format : 25*33 cm. (Édition de luxe, tirage limité)



1949 : René Etiemble
            Vingt ans après : 1 De Rimbaud à Rimbaud
            2 Rimbaldisme et rimbaldite
            Revue Les Temps modernes Octobre et novembre 1949
             
1949 : Maurice Blanchot :
            La Part du feu
- Paris : Gallimard, 1949.
(Contient Le Sommeil de Rimbaud, publié dans Critique en mars 1947)

Autres publications :
Numéro spécial sur Rimbaud de Biblio n° 5, mai-juin, Hachette.
Rimbaud et Swedenborg par Joë Bousquet, Critique, avril 1949. Rimbaldisme, gnosticisme, hermétisme par Albert-Maris Schmidt, La Table ronde, novembre 1949. 
Découvertes rimbaldiennes par Albert Béguin, dans Empédocle, juin-juillet 1949.  Le Symbolisme mystique de Rimbaud par Jacques Gengoux dans Les Cahiers du collège Philosophique, 1949. Une révolution dans la chronologie des œuvres de Rimbaud par Maurice Saillet dans Le Mercure de France, août 1949.